LBDH: la santé de Denis Riou, prisonnier politique
breton gravement malade du cœur, se détériore en détention. Monsieur
Denis Riou doit être libéré. Aujourd'hui il se trouve en position
légale de pouvoir bénéficier d'une libération conditionnelle.
Arrêté au mois de septembre 1999, il était libéré après 15 mois
de détention provisoire dans la région parisienne, en attente d'un
procès. Condamné fin juin 2005 à 7 ans d'emprisonnement il était
réincarcéré le dix avril 2006 pour purger sa peine. Aujourd'hui il a
donc effectué plus de la moitié de sa peine et cela même sans tenir
compte des remises de peine dont il bénéficie.
Selon le Code de procédure pénale :« Sous réserve des
dispositions de l'article 132-23 du code pénal, la libération
conditionnelle peut être accordée lorsque la durée de la peine
accomplie par le condamné est au moins égale à la durée de la peine
lui restant à subir. »
Toujours selon le code de procédure pénal « La libération
conditionnelle tend à la réinsertion des condamnés et à la
prévention de la récidive. Les condamnés ayant à subir une ou
plusieurs peines privatives de liberté peuvent bénéficier d'une
libération conditionnelle s'ils manifestent des efforts sérieux de
réadaptation sociale, notamment lorsqu'ils justifient soit de
l'exercice d'une activité professionnelle, soit de l'assiduité à un
enseignement ou à une formation professionnelle ou encore d'un stage
ou d'un emploi temporaire en vue de leur insertion sociale, soit de
leur participation essentielle à la vie de famille, soit de la
nécessité de subir un traitement, soit de leurs efforts en vue
d'indemniser leurs victimes. »
« Monsieur Denis Riou remplit ces conditions. »
Afin de l'aider à indemniser les parties civiles et améliorer son
ordinaire il avait obtenu un emploi à l'atelier RJEP usinage à
l'intérieur du centre de détention. Victime de multiples malaises
cardiaques et faute de soins adéquates, il perd son emploi.
Suite à l'aggravation de son état de santé, il finit par obtenir
une consultation en cardiologie au mois d'avril 2008. A l'issue d'un
test d'effort à l'hôpital Bodelio de Lorient il est victime d'un
malaise cardiaque (ischémie du myocarde) plus conséquent qui
nécessite« son admission d'urgence en soins intensifs. »
Ses malaises sont provoqués par des spasmes coronariens, une
maladie qui entraine des risques élevés d'infarctus du myocarde,
c'est ce dont il a été victime. Par chance, il se trouvait en milieu
hospitalier et cet infarctus a pu être limité. Sa maladie ne se
guérit pas mais nécessite un traitement et un suivi médical
journalier adapté difficile à appliquer en détention.
En janvier 2008, Denis Riou avait demandé à bénéficier d'un
placement en chantier extérieur en vue de préparer sa libération.
L'administration pénitentiaire et le service de probation avaient
émis des avis favorables à cette demande. Mais à la suite de son
hospitalisation une expertise médicale était ordonnée. L'expert
concluait : « son état de santé ne permet pas l'exécution de
travail de force nécessitant une activité physique………Il reste apte à
un travail sans ou avec peu d'efforts physiques, privilégiant ses
capacités physiques et intellectuelles ». Le service de
probation (SPIP) l'avait alors proposé pour un autre chantier qui
n'impliquait pas de travail de force. Le juge d'application des
peines du lieu d'écrou émettait un avis très réservé sur cette
demande de placement malgré l'avis favorable des autres parties
appelées à se prononcer. La demande de placement en vue d'aider à la
réinsertion est donc refusée. Contrairement aux autres détenus le
sort de Denis Riou en matière d'application de la peine dépend de
deux juges. Un avis du juge d'application des peines du lieu d'écrou
avant que la décision soit prise par le juge d'application des
peines anti-terroriste.
« La LBDH demande la libération immédiate de Denis Riou.
Son maintien en détention ne peut qu'aggraver son état de santé, le
suivi de son traitement médical est difficilement effectué en milieu
carcéral, le stress du à l'enfermement et le manque d'activité sont
des éléments majeurs aggravants dans l'évolution de sa maladie .Le
risque d'une récidive d'un d'infarctus du myocarde est toujours
réel. »
Nous mettons en garde les autorités compétentes sur l'issue
fatale que peut occasionner son maintien en détention, d'autant plus
qu'aujourd'hui il remplit les conditions légales pour obtenir une
libération conditionnelle. Nous rappelons aussi l'intention de la
garde des Sceaux de faire appliquer l'usage beaucoup plus large des
aménagements de peine pour désengorger les prisons. C'était une des
promesses de campagne de Nicolas Sarkozy censée mettre la France en
conformité avec la réglementation européenne.
Pour la LBDH M.Herjean